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Yedd ouahda ma tsafek
Une main toute seule ne peut pas applaudir

mercredi 28 avril 2010

La musique Arabo-Andalouse

MUSIQUE ARABO-ANDALOUSE


INTRODUCTION :


Du IX au XVème siècle, une forme particulière de la musique arabe s’épanouit dans les Cours de l’Espagne Musulmane. On la nomme aujourd’hui musique Arabo-Andalouse. Cette musique prend forme grâce à un musicien Arabe, Abdourrrahman Ibnou Nafaa, surnommé Ziryab et originaire de bagdad, qui fuit sa ville et la jalousie de son maître pour s’installer à Cordoue en 822. Il y instaure alors les bases en créant la 1er « Noubat », qui est une suite de pièces vocales et instrumentales d’un même mode, comprenant 9 mouvements, pouvant chacun contenir jusqu’à 40 pièces. Un rythme différent est adopté à chacune de ces mouvements. La musique Arabo-Andalouse est basée sur un cycle de 24 Noubats, qui correspondent aux différentes heures de la journée, et qui se différencient par un mode qui lui est propre.
Bien que reposant sur des règles très strictes, la musique laisse à l’interprète une large marge d’improvisation et d’ornementation, et cette musique non-écrite se transmet oralement de maître à élève.




I. L'EVOLUTION DE LA MUSIQUE

La musique Arabo-andalouse est née au sein de l'Espagne, a une époque mouvementée. En effet, elle apparaît vers le neuvième siècle, alors que prend place un long conflit entre Chrétiens et Musulmans. C'est en 711 qu'arrivent les armées Maures avec leurs cultures. Tout 'abord, les Musulmans parviennent à occuper la majeure partie de la péninsule ibérique, mais dès 718, les souverains chrétiens entament la Reconquista, qui finira par l'élimination complète du royaume de Grenade en 1492 et l'expulsion finale des Maures en 1609. Du passage des musulmans, l'Espagne aura retenue une riche culture, un enrichissement linguistique, de nouvelles cultures et techniques agricoles, un raffinement architecturale, des marchés importants et des foyers d'études, ainsi que de grandes bibliothèques, qui favorisent l'épanouissement de la culture... La musique Arabo-andalouse est l'héritière de la musique chrétienne pratiquée en Espagne et au Portugal avant la Reconquista, et de la musique afro-berbère du Maghreb. L'art de cette musique a occupé apparemment une place dans la société lors de la Reconquista, malgré les faibles preuves existantes. Après la Reconquista, des inventaires sont rédigés pour conserver et fixer les Noubas, et l'histoire de la musique arabo-andalouse se prolonge en Egypte et au Maroc.


Cependant, les instabilités politiques de l’Occident Musulman firent décliner cet art avant son acheminement vers le Maghreb. En effet, les reconquêtes de certaines villes andalouses par les Rois Catholiques, telles que Cordoue en 1236 et Séville en 1249, poussent une grande partie des populations de ces cités à refluer, emportant ainsi leur savoir et leur savoir-faire vers l’Afrique du Nord. C’est notamment en 1492, lors de la chute de Grenade, considérée à cette époque comme l’un des plus grands foyers de culture musulmane, que le patrimoine musical de Ziryab et ses successeurs fut acheminé dans le désordre de la migration vers les cités importantes du Maghreb. Dans ces circonstances particulières, tout ce qui restait de l’univers musical savant né en Andalousie pendant l’Epoque Brillante (ou l’Age d’Or) n’a été recueillit que de bouche a oreille, et les Noubats, présentes uniquement dans la mémoire, ont donc voyagé de manière instable. Cependant, leur cheminement pu continuer grâce à d’anonymes relayeurs, mais c’est sans doute dans ce désarroi, que certaines partie importantes de l’héritage musical se sont égarées, puis perdues à jamais.
Suite à ces émigrations forcées, les réfugiés Andalous réussirent à faire de certaines cités telles que Fès, Tlemcen, Alger, Tunis, Tripoli… des foyers d’art et de culture.
De ces instables émigrations, se sont alors formées des Ecoles différentes, tirant leurs influences des trois Ecoles Andalouse principales : Cordoue, Séville et Grenade. On retrouvera alors au Maghreb l’Ecole Algérienne, l’Ecole Libyenne, l’Ecole Marocaine, et l’Ecole Tunisienne. Ces différences font alors dire aux connaisseurs que Tlemcen reçut l’héritage musical de Cordoue, Fès celui de Grenade, tandis que Tunis et Tripoli bénéficièrent de l’héritage de Séville.
La musique Arabo-Andalouse, repliée sur elle-même, vécu désormais du souvenir des splendeurs du passé, mais continua tout de même son chemin.

Le vingtième siècle est par excellence le siècle de cette musique: jamais ce répertoire n'a été tant joué enregistré, analysé. En effet, un très grand nombre de personnes s'intéressent qui soulève une problématique loin d'être épuisée. En outre, cette musique est devenue un vériable enjeu national, et fait partie de la conscience Arabe, puisqu'elle véhicule non seulement un enrichissement dût au cours du temps, mais possède aussi des proportions mythiques comme le rêve de l'âge d'or d'un brassement des peuples.




II. L’OUD




L’oud est un instrument de musique à cordes pincées très répandu principalement dans les pays arabes, en Turquie, en Grèce et en Arménie.
Son nom vient de l'arabe al'ud (le bois) et s'est progressivement transformé en oud, laúd, liuto et luth. Cet instrument, né en Perse en 500 après Jésus-Christ, a traversé les continents, rayonnant dans les émirats arabo-andalous, les palais impériaux d'Asie, les cours d'Italie et de France. Mais, au XVIIIe siècle, remplacé par des instruments au son plus puissant, l'oud perd sa suprématie et tombe dans l'oubli. L’Oud fut introduit en France durant les croisades grâce aux troubadours, et La Chanson de Roland, au XIe siècle, aurait même été jouée sur un luth arabe par des trouvères. Dès 1200, il apparaît également en Italie. Au Moyen Age, il devient le symbole de l'innovation musicale occidentale et donne naissance à la polyphonie instrumentale. Au cours de la Renaissance et de l'âge baroque, chaque souverain a même ses luthistes attitrés. Le luth fait désormais partie de l'éducation de la noblesse, de la riche bourgeoisie, des poètes et des peintres. Ronsard et le Caravage, tous deux luthistes, lui consacrent leurs vers ou leurs coups de pinceau.

L’Oud est constitué de trois parties majeures :

· La caisse de résonance, est en noyer ou érable, piriforme (en forme de poire) et est constituée environ d’une vingtaine de côtes, formant la plus grande caisse de résonance de tous les luths. La table est percée de grandes ouïes (1, 3 ou 5), recouvertes de rosaces. Un petit chevalet y est collé, ainsi qu'un renfort au point de jeu.
· Le manche, en noyer ou fruitier, n'est pas fretté c'est-à-dire qu’il est lisse. Il est très court, tel celui du violon et permet de jouer les quarts de tons et tous les micro-intervalles
· Le cordier est également en noyer ou en fruitier. Il supporte le plus souvent onze cordes : 10 couplées et une basse, le bourdon. L'angle entre le manche et le cordier est quasi perpendiculaire, et cela a une grande importance pour soutenir la pression de ces onze ou douze cordes (en nylon et en métal fileté), fixées par des chevilles en bois.

Les joueurs de Oud ne jouent jamais d’accords, c’est-à-dire qu’ils ne jouent pas plusieurs cordes en même temps, mais une succession rapides de notes (sauf pour le bourdon). Pour pincer les cordes, on utilise un long plectre flexible, fait d’une tranche fine de corne de vache, ou d’une plume d’aigle ébarbée et aplatie. Ce plectre procure alors une grande agilité au joueur. Il le distingue de la guitare et rend alors l’instrument assez difficile à jouer.

Il y a de nombreuses façons d’accorder l’instrument, qui varient selon les lieux, l’époque (Arabie, Turquie), et les préférences du joueur d’Oud. En Arabie par exemple, l’accordage le plus utilisé correspond généralement à Ré-Sol-La-Ré-Sol-Do (en partant de la corde la plus grave a la corde la plus aigue) mais l’on peut trouver également Sol La Ré Sol Do Fa ; Do Fa La Ré Sol Do ; Do Mi La Ré Sol Do, ou Fa La Ré Sol Do Fa.

Le oud est donc l'instrument traditionnel de l'orient puisqu'il est considéré comme le père de tous les instruments musicaux arabes. Il est l'instrument par excellence de la musique Arabo-Andalouse. Il occupe une place importante dans l'orchestre oriental, employé comme basse mélodique ou rythmique, à moins qu'il n'accompagne un chanteur.








Depuis quelques années, le Oud resurgit et suscite l'engouement de musiciens de tous styles et de tous pays.On le retrouve dans le rock et la chanson avec Enrico Macias*, Jean-Jacques Goldman, Noir Désir, Led Zeppelin par exemple, le raï avec Cheb Khaled, la musique cubaine, et le flamenco. Il fait ensuite son apparition dans le jazz et les musiques improvisées grâce à des compositeurs comme Anouar Brahem*, Rabih-Abou-Khalil* ou Marcel Khalifé. Ils sont alors de véritables innovateurs puisqu'ils apportent de nouvelles sonorités, et valorisent cet instrument comme Anouar Brahem, qui l'élève au rang de soliste.


*:Enrico Macias_ Le voyage.
*Anouar Brahem_ Le pas du chat noir
*Rabih Abou Khalil_Dog River

Article rédigé par Romane et Claire (1ère L2 d'Epinal)

2 commentaires:

  1. Une mise en perspective intéressante mais on reste un peu sur notre faim. SG
    Travail de qualité autant sur les aspects historiques que techniques.EA

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