يد واحده ما تصفق

Yedd ouahda ma tsafek
Une main toute seule ne peut pas applaudir

jeudi 13 mai 2010

Les différents témoignages de ceux qui ont vécu la guerre...


Introduction :


Le fait que l’Algérie soit colonisée, et que les Algériens clament leur indépendance, engendrent la guerre. Celle-ci durera huit ans, et opposera donc la France à l’une de ses colonies, l’Algérie, elles se livrent une guerre sans merci de 1954 à 1962. Dans les deux camps, les sévices étaient forts. Le FLN (1), Front de Libération Nationale composé principalement d’Algériens contre la colonisation, et l’OAS (2), Organisation Armée Secrète comportant des Français pour la colonisation, ne se gêneront pas à pratiquer la terreur et la torture pour parvenir à leur fin, et les représailles furent nombreuses. Même si nous n’avons jamais su établir un bilan exact, de nombreuses morts sont à déplorer : 27500 militaires français ont été tué, 1 millier ont disparu, sans compter les civiles ; pour ce qui est de la population algérienne, le FLN propose 1 million de morts même si les historiens pensent que ce chiffre est exagéré et que les victimes seraient au nombre de 400 000 au maximum. Dans le livre, J’ai vécu la guerre d’Algérie d’Antoine d’Abbundo, quatre personnes, différemment touchées par cette dramatique guerre, racontent leur situation et leurs sentiments pendant celle-ci. Nous verrons donc en quoi malgré leurs divergences d’opinion elles ont des points communs dans leurs ressentis.


1) Des personnes peu informées.

Nous avons l’exemple de Rémi Serres dans cette catégorie, qui, étonnamment est assez nombreuse. Des appelés du contingent qui ne savent pas où et pourquoi ils vont faire la guerre c’est surprenant mais réel et c’est le cas de Rémi Serres qui croit partir au Maroc. Finalement, il atterrit au centre de la guerre d’Algérie. Pendant quatre mois, il a une préparation militaire dans une discipline de fer, dans le premier régiment de tirailleur. Il se rend alors compte que de nombreuses propriétés appartiennent à des riches Français. Il apprend que les paysans arabes, nommés Fellahs (3) reçoivent des salaires de misère contre de gros et souvent difficiles travaux. Il ya en quelque sorte de l’esclavage. La révolte des Algériens lui parait alors normale : c’est une guerre contre les injustices et le mépris. Il est alors dégoutté de combattre pour « défendre les privilèges des riches ». Mais il est impossible de se défendre, à la guerre, il faut obéir malgré la violence, les insultes et les humiliations régulières que Serres souligne. Puis après, le ravitaillement pendant sept mois : il devient le « garçon de bar » qui sert de l’alcool aux combattants en “pause”. Puis, il s’occupe du cinéma, une fois par semaine qui est la seule distraction, n’ayant pas de journaux mais des magazines de “propagande de la guerre”. Ce qu’il retient, c’est l’injustice : il « tire sur une cible en essayant d’oublier qu’ [il] tire sur des hommes ». Le plus choquant pour lui, c’est le fait que ce soit une guerre sans pitié contre le FLN mais cela atteint des populations d’Algériens innocentes. Lui, qui ne savait rien, n’apprit que des horreurs de la guerre et regrette sincèrement cette barbarie dont il faut faire preuve.

2) Certains sont pour l’indépendance de l’Algérie …

Mohammed Ouahabi fit la guerre en temps que soldat algérien dans l’armée de libération nationale : ALN (4). Son père ne supportait plus d’être colonisé et il lui a transmis cette haine. Mohammed est donc prêt à tout. Dès l’âge de 10 ans, il est dans les scouts musulmans et y apprend à se battre, à se cacher. A 14 ans, il travail pour des colons et est également apprenti militant au Parti Populaire Algérien : PPA (5). Il se bat contre les injustices et la répression des Français, pour l’égalité Algériens-Français. Il entend parler du FLN(1) et s’y engage en 1954. Il devient espion et en 1955, se déroule grâce à lui un vol d’armes françaises. Il y a des représailles mais lui n’est pas soupçonné grâce à son âge. En décembre 1955, il entre à l’ALN (4). Son nom de guerre est Nourredine. Il y apprend à faire le guet, à tirer…Il est prêt à mourir. Il tire sans remords ni plaisir : parce qu’il le faut. Il n’y a pas de pitié. D’après lui, « La guerre transforme un homme en une machine à tuer. » Mi 1958, il est touché par une bombe. Lorsqu’il s’éveille enfin il est aveugle, sans soins et ligoté. On le torture pendant, d’après lui, environ 15 jours même si il a perdu toute notion du temps. Puis, quelqu’un d’un peu plus humain, le voyant dans cet état le fait transférer à l’hôpital. Pendant six mois, il est soigné par un médecin qui le traite en humain. En été 1959, il est rétablit et est envoyé au SAS (6) (sections administratives spécialisées). Ce sont des militaires experts en actions psychologiques. Il y a alors deux catégories dans les prisonniers : les “repentis” et les “irréductibles”. Il se trouve dans cette dernière : en trois ans de prison il tentera neuf évasions. Le 30 mars 1962 il est libéré suite à la signature des accords de cessez-le-feu du 19 mars à Evian. A 24 ans, il est nommé commissaire politique par le FLN (1) et doit s’assurer que les accords de paix sont respectés. Le 3 juillet, l’indépendance est officiellement proclamée. Mais après ces 8ans de guerre une guerre fratricide explose entre Ben Khedda et ses partisans et Ben Bella et ses partisans. Il y a six mois de guerre et finalement Bella obtient la victoire. Mohammed part alors en Allemagne car le gouvernement est trop autoritaire à son goût. Quelques mois plus tard, une nouvelle guerre éclate : le Maroc veut un bout du Sahara. Il retourne donc une nouvelle fois défendre son pays. Il est donc dévoué à son pays et pense sans doute qu’il a fait ce qu’il avait à faire pour le défendre même si cela ne l’empêche pas d’affirmer qu’il n’aime pas la guerre, que celle-ci est horrible et cruelle : « Cette guerre, je ne l’ai voulue, mais je l’ai faite parce que c’était mon devoir. Tout ce que je regrette, ce sont les morts. Des deux côtés. »


3) ... d'autres sont pour le maintien de l'Algérie française :

En effet, certains soldats sont contre l’indépendance de l’Algérie. Même s’ils sont nés dans ce pays, leurs écoles, leur éducation, leur travail est français. Si ces personnes se retrouvent dans les armées du FLN (1), ce n’est pas par choix. Certains sont dans le même cas que Djelloul Slamani. Ce dernier a été obligé de se battre avec les Algériens pour l’indépendance de leur pays dans le FLN(1), c’était une nécessité pour survivre, mais en réalité, il souhaitait que son pays reste français. Une fois relâché, il a combattu avec l’armée française. Ce n’était pas facile, car il ne pouvait plus voir sa famille et il vivait dans des conditions précaires. Il a été forcé de se cacher pour ne pas se faire arrêter par le camp ennemi qui l’aurait tué. La guerre est difficile et fait beaucoup de morts et blessés. De plus, une fois le « Cessez-le feu » prononcé, il ne peut plus rester en Algérie, car il est un ancien harki (7), le FLN (1) l’a condamné à mort. C’est pour cette raison que Djelloul Slamani a du partir en France et n’a plus jamais revu sa famille, qui est restée en Algérie.

4) Les familles obligées de fuir la guerre :

Et des familles sont obligées de fuir la guerre ou même l’après-guerre. En effet, des enfants doivent partir seuls de l’Algérie, une fois la fin de la guerre proclamée, parce que le FLN (1) et l'OAS (2) se livrent des affrontements très meurtriers. Comme Ghislaine Ruvira, qui a a du quitter son pays : l'Algérie, et elle s'est retrouvée seule à vingt-deux ans dans un pays inconnu. Beaucoup de pieds-noirs (8), ou de Français d'Algérie, comme on les appelle, ont du prendre la route de l'exil pour fuir la guerre, alors que ces personnes n'ont pas combattu. Ce sont des gens innocents qui en pâtissent. Des foules de personnes se séparent de leur famille pour sauver leur vie. Leur voyage se passe souvent dans des conditions difficiles. Comme l'explique Ghislaine Ruvira, ils étaient tous entassés à même le sol. Lorsqu'elle est arrivée en France, une famille l'a embauché comme nourice. Sans repère, elle a du commencer une nouvelle vie. Hantée par la peur, elle n'est jamais retournée en Algérie, mais elle aimerait, car c'est "son" pays et elle n'a pas eu le temps de lui dire "Adieu". Ainsi, de nombreuses personnes sont dans le même cas que cette femme. La guerre a détruit des vies et des familles.

Conclusion :

Ainsi nous avons vu différentes visions de la guerre d’Algérie. Les quatre personnes témoignant dans J’ai vécu la guerre d’Algérie d’Antoine d’Abbundo représentent des catégories divergentes sur les ressentis et leur point de vue sur la guerre. En effet, quelques uns sont peu informés sur le sujet, certains sont pour l’indépendance de l’Algérie alors que d’autres sont contre et enfin des enfants sont obligés d’être séparés de leur famille pour fuir la guerre. Il y a donc de fortes disparités sur les émotions perçues. Malgré leurs divergences d’opinions, tous sont d’accord sur le fait que la guerre était une obligation et qu’ils ne l’ont pas seulement vécue mais surtout subie. Mais toutes les personnes ayant vécu cette guerre ne se classent pas forcément dans ces catégories car il était difficile de choisir son camp et de nombreux étaient perdus ne sachant plus qui/ quoi croire.


Un travail réalisé par Amandine et Marie (1ère L2 d'Epinal)

(*) = notions importantes redéfinies :


(1) = FLN : Front de Libération Nationale.
(2) = OAS : Organisation Armée Secrète.
(3) = Fellahs : Paysans Arabes.
(4) = ALN : Armée de Libération Nationale.
(5) = PPA : Parti Populaire Algérien.
(6) = SAS : Sections Administratives
(7) = Harkis : Algériens pro-français, qu'ils aient été militaires de carrière, élus, anciens combattants ou fonctionnaires.
(8) = Pieds-noirs : Majoritairement des Français d'Algérie.



2 commentaires:

  1. c'est un bon début
    bravo!
    http://lesamisdalgerianie.unblog.fr

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  2. Un travail intéressant. Une approche synthétique mais assez claire des différents « cas de figures » .SG
    Bonne synthèse de la complexité des trajectoires individuelles.
    Il n’y a pas que l’OAS qui ait pratiqué la torture, l’armée française également. L’illustration du bateau n’a rien à voir avec la Guerre d’Algérie… EA

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